La prière : est-ce que vous ramez ?

Publié le 15 février 2018 dans Les articles du bulletin

Pour stimuler notre vie de prière et notre projet de 1000h de prière, voici un extrait du livre de Tim Keller sur la prière.

J’utilise souvent cette métaphore pour demander aux chrétiens d’évaluer leur vie de prière.

Imaginez que votre âme soit un bateau, avec des rames et une voile. Avec cette image en tête, posez-vous quatre questions :

Êtes-vous en train de « naviguer » toutes voiles dehors ? Cela signifie que vous vivez votre vie chrétienne avec le vent en poupe. Votre coeur ressent Dieu comme une réalité. Vous ressentez souvent son amour. Vous recevez des réponses à vos prières. Quand vous étudiez la Bible, vous voyez régulièrement des choses remarquables et vous entendez sa voix. Vous remarquez que les gens autour de vous sont influencés par l’Esprit qui vit en vous.

Êtes-vous en train de « ramer » ? Cela signifie que la prière et l’étude de la Bible s’apparentent plus à un devoir qu’à un plaisir. Dieu vous semble souvent distant (mais pas toujours), et vous ressentez assez rarement sa présence. Vous voyez peu de réponses à vos prières. Vous vous débattez peut-être avec des doutes sur Dieu et vous-même. Pourtant, vous refusez malgré tout de vous apitoyer sur votre sort ou de céder à l’orgueil du pharisien qui suppose qu’il est mieux placé que Dieu pour savoir comment sa vie doit se dérouler. Vous persévérez dans votre lecture de la Bible et dans la prière, vous louez Dieu avec votre communauté, et vous vous mettez au service des autres malgré votre sécheresse spirituelle intérieure.

Êtes-vous en train de « dériver » ? Cela signifie que vous vivez toutes les conséquences liées au fait de « ramer » : sécheresse spirituelle et difficultés dans la vie. Par contre, au lieu de ramer, vous réagissez en vous laissant dériver. Vous n’avez pas envie de vous rapprocher de Dieu ni de lui obéir, alors vous ne priez pas et vous ne lisez pas la Bible. Vous cédez à vos penchants égocentriques qui surgissent spontanément dès que l’on s’apitoie sur son sort. Et votre dérive vous mène à des comportements où vous vous remontez le moral en ne vous refusant rien : échappatoires dans la nourriture, le sommeil, la sexualité ou autres.

Êtes-vous en train de « sombrer » ? Finalement, votre bateau, votre âme, dérivera loin des couloirs de navigation, pour ne plus faire aucun mouvement vers la vie chrétienne. L’insensibilité de coeur peut se transformer en dureté à force de se laisser aller à des pensées de pitié de soi et de ressentiment. Si un coup dur survenait vous pourrez complètement abandonner votre foi et votre identité de chrétien.

Cette métaphore nous montre que nous sommes responsables de certaines choses comme le fait d’utiliser de manière disciplinée les moyens que la grâce nous offre : la Bible, la prière et l’assiduité à l’Église. En outre, nous avons peu de contrôle sur beaucoup d’autres choses, comme les circonstances ou nos émotions. Si vous persévérez dans la prière, l’adoration et l’obéissance, en dépit de circonstances et de sentiments négatifs, vous n’irez pas à la dérive. Quand le vent se lèvera à nouveau, alors vous avancerez rapidement. Par contre, si vous négligez les moyens de la grâce, au mieux vous dériverez, au pire, si des tempêtes surviennent dans votre vie, vous risquerez de faire naufrage.

Dans tous les cas, priez quoi qu’il arrive. Prier, c’est ramer. Parfois cela revient à ramer dans l’obscurité : vous ne ressentez aucune avancée, même imperceptible. Pourtant vous aurez bougé. Et lorsque la brise se lèvera enfin, ce qu’elle ne manquera pas de faire, vous naviguerez à nouveau toutes voiles dehors.