LA MISSION A COURT TERME: UNE MISSION FRUCTUEUSE

Publié le 1 octobre 2012 dans Mission

SÉRIE: RÉFLEXIONS SUR LA MISSION

Même si la mission court terme est sensible, elle est incontestablement fructueuse. L’impact est considérable pour les équipiers en mission de courte durée, mais également pour les églises et œuvres bénéficiaires et enfin pour les églises qui envoient.

Une vision du monde élargie. Le participant à une mission de courte durée dans un contexte transculturel commence à prendre conscience de son mode interprétatif du monde, de lui-même, de Dieu, et de la relativité de sa conception et de sa pratique de la foi. Il est appelé à dépasser ses normes culturelles pour une relation plus étroite avec le Seigneur* De plus, il peut prendre conscience que ses origines linguistiques, culturelles et religieuses ne sont pas supérieures à celles de ceux avec qui il souhaite partager l’amour impartial de Dieu et Son Evangile. Bref, il est appelé à revoir sa vision du monde, à discerner l’expression culturelle, et donc réductrice, de sa foi, et à recentrer son identité sur le Seigneur1.

Une vie de disciple boostée. La mission court terme nous fait sortir de notre zone de confort, ne maîtrisant plus les circonstances, les lieux, les coutumes, notre foi est mise constamment à l’épreuve, la communion avec Dieu est stimulée. L’expérience missionnaire est l’occasion de poursuivre des buts spirituels, de surmonter des épreuves, de se confronter avec la vie communautaire, de s’ouvrir à la misère et aux souffrances des autres… tout cela booste notre vie spirituelle et cela bien après avoir rejoint notre domicile.

Une perception de la mission et du missionnaire de ‘carrière’ accrue. C’est l’occasion de « toucher du doigt » ce qu’est le quotidien du missionnaire, sa vie, son service, ses difficultés, ses combats, ses joies et ses peines, ses succès et ses échecs. Sans pour autant prétendre tout comprendre, il est clair que l’on saisira bien mieux les enjeux d’une vie missionnaire à long terme. La prochaine lettre de nouvelles de ce missionnaire sera lue avec un tout autre intérêt.

Une expérience de la vie communautaire. Rien ne peut lier davantage des frères que d’avoir servi, combattu, souffert, et vécu ensemble pendant plusieurs semaines dans un contexte transculturel. Du matin au soir, ils prient, partagent, travaillent, mangent ensemble. La chose ne se fait généralement pas sans heurts mais c’est encore l’occasion d’expérimenter la grâce et le pardon.

Une mise en pratique de l’Evangile dans tous les domaines de la vie. En mission, la séparation artificielle entre le spirituel et le matériel s’effondre ou tout simplement n’existe pas. Chacun met au service du Seigneur ses compétences professionnelles (médecin, infirmière, informaticien, professeur, électricien, maçon, ou gestionnaire de projet…) parce que l’on prend toute la nature humaine en compte, corps, âme et esprit. Cet aspect donne plus de sens et de cohérence aux chrétiens dans leur vie quotidienne.

Pour les églises et œuvres bénéficiaires, les visites, les encouragements, l’intérêt porté à leur travail, le témoignage de l’affection fraternelle sont un baume bienfaisant. L’apport en personnel qualifié, entièrement dédié à l’oeuvre n’ayant pour objectif que d’aider de toutes les manières possibles permet de faire avancer l’œuvre de Dieu efficacement. L’apport financier et matériel, ou l’enseignement biblique est bien entendu essentiel.

Pour les églises qui envoient, la mission n’est plus une affaire de spécialistes mais devient le travail de tous. L’implication dans les affaires de l’église locale est renouvelée, l’expérience missionnaire a contribué à développer la piété personnelle du chrétien, sa vision s’est élargie, sa compréhension du travail missionnaire et pastoral est enrichie, son service est renouvelé… au profit à présent de l’œuvre locale. Dieu soit loué !

1 Cf« La mission de l’Eglise au XXIe siècle » p.139 Danielle Drucker et Benjamin Beckner