LA MISSION A COURT TERME: Une mission sensible

Publié le 3 septembre 2012 dans Mission

SÉRIE: RÉFLEXIONS SUR LA MISSION

Si la mission court terme est biblique et correspond bien à notre mode de vie actuel, elle n’est pas sans danger. Elle a même essuyé un certain nombre de critiques de la part des missionnaires « de carrière », et des responsables d’églises qui reçoivent ces équipes. Il faudra être particulièrement vigilant sur:
Le tourisme religieux. Il est incontestable qu’il y a un risque d’envoyer dans de tels voyages missionnaires des personnes   ayant plus à cœur de visiter et découvrir de  nouveaux  horizons   que   de   s’investir dans l’œuvre du Seigneur. Si c’est le cas, on comprend qu’un tel voyage représente une charge supplémentaire pour les missionnaires et les autres chrétiens présents sur le champ. Pour éviter ce genre de dérive, il nous semble important que les participants financent eux-mêmes leur voyage et leur frais de séjour. Il nous parait aussi important de ne pas offrir un voyage missionnaire « clef en main » dans lequel le participant n’aurait qu’à s’inscrire et payer. Il faut un investissement personnel dans l’œuvre et dans la préparation du travail qui sera effectué sur place. Une préparation spirituelle des personnes avec la signature d’une charte missionnaire et une recommandation pastorale permettront d’écarter les éventuels touristes.

Le projet inadapté. Malgré de la bonne volonté, des participants sans formation linguistique et culturelle et donc sans compétence pour communiquer opportunément l’évangile feront un piètre travail d’évangélisation en porte à porte. Par contre, ils pourraient être très efficaces dans la construction d’un bâtiment pour l’église. C’est pourquoi il faut préparer un projet en accord avec les missionnaires sur place, qui correspondent aux compétences du groupe missionnaire court terme.

L’amateurisme missionnaire. En 2 ou 3 semaines sur place, vous ne changerez probablement pas grandement la situation et vous ne découvrirez qu’à peine les réalités auxquelles sont confrontés les missionnaires sur place. Attention à ne pas avoir des idées toute faites sur toutes les situations que vous rencontrerez. Evitez les discours des nyakas et des fokons qui révèlent habituellement une incompréhension des réalités complexes d’un peuple et qui mettent en évidence nos lacunes et notre manque de réflexion missiologique. Vous êtes là pour aider, pour découvrir, pour comprendre et lier des liens avec des frères et avec un peuple. Restez humbles.

La dépendance économique et spirituelle malsaine. On dit qu’aucune nation ne s’est jamais relevée d’une catastrophe (guerre, séisme, ouragan, inondation…) en s’appuyant uniquement sur l’aide internationale. A une moindre échelle, une église, une communauté ne peut se relever uniquement grâce à l’aide matérielle extérieure. Il est indispensable d’encourager une œuvre à se lever et à bâtir par elle-même. Le but est de permettre à un peuple de vivre l’Evangile de dépendre de Dieu et non de tiers. Il faut beaucoup de sagesse pour savoir jusqu’où on doit aller dans l’aide matérielle et spirituelle que l’on apporte. Une bonne question est je crois « si nous coupons notre aide qu’est-ce qui se passe ? ». On devrait pouvoir dire que l’œuvre continuera sans nous, peut- être plus lentement, mais elle nous survivra.  Dans le cas contraire, on a peut-être créé une dépendance malsaine.

Le transfert de culture. Ce risque est également encouru par les missionnaires de carrière, mais il est plus évident dans une mission court terme qui n’envisage pas d’abandonner sa culture pour tenter de se familiariser à une autre. On peut facilement venir avec des «modèles et des méthodes complètement inappropriée au champ missionnaire. Une bonne préparation et l’expérience de personnes connaissant le terrain s’avérera très utile.

L’engagement financier. On redoute un effort financier considérable pour un résultat parfois décevant. On est à juste titre soucieux du bon investissement des ressources du Seigneur en temps et en argent. Si les participants financent eux-mêmes le voyage et cela pendant leurs congés payés, il n’y a pas véritablement de risque. L’investissement financier est assurément plus rentable pour l’œuvre du Seigneur que s’il était affecté à un voyage touristique, à une location dans un camping et à de la crème solaire.
Comme nous le verrons la prochaine fois, le retour sur investissement est considérable pour l’œuvre du Seigneur pour peu que l’on prépare ces voyages avec une véritable vision missionnaire.
LE MOIS PROCHAIN- LE COURT TERME :UNE MISSION FRUCTUEUSE.