Comment mobiliser une église pour la mission ? (2/3)

Publié le 4 juin 2012 dans Mission

série : réflexions sur la mission

Voici un second extrait du livre du Dr Oswald J. Smith « La passion des âmes » dans lequel il évoque la manière utilisée pour mobiliser son église pour la mission.

Quand je suis devenu pasteur de l’Eglise du peuple à Toronto, il y a bien des années, on m’avait tout dit sur la marche de l’Eglise, sauf une seule chose. Le premier dimanche, alors que je m’apprêtais à prêcher mon premier sermon, le trésorier s’approcha de moi avec une expression grave et me confia que l’église était terriblement endettée et n’avait plus rien en caisse. Après m’avoir mis au courant de cette triste situation, il se tut, s’attendant peut-être à ce que je tire un chèque de ma poche et le lui remette pour aller payer tout l’arriéré de son budget.

Au lieu de cela, je le quittai sans commentaires et me dirigeai vers la chaire. En y montant je priai: « Seigneur, il y a longtemps que je voudrais être au clair quant à l’application pratique d’un certain passage de ta parole et faire l’expérience de sa réalité : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice (et son extension dans le monde), et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Ce matin-là, je prêchai un sermon missionnaire.

Le soir de ce premier dimanche où j’aurais dû donner un message d’évangélisation, je fus conduit à parler encore de la mission. Puis j’invitai la congrégation à se réunir chaque soir de la semaine suivante. Le lundi soir, je leur parlai des missions et, tous les soirs suivants, je leur présentai ce sujet primordial : la mission.

Ils durent être passablement surpris de mon procédé et se dire les uns aux autres : « Nous ne comprenons pas très bien ce nouveau pasteur. Il semble qu’il n’ait pas d’autre sujet pour ses sermons que la mission. Mais dimanche prochain, peut-être se décidera-t-il à prêcher de vrais sermons ! »

Le second dimanche – je m’en souviens comme si c’était hier – je fis au culte du matin une annonce spéciale. « Nous aurons aujourd’hui, dis-je trois cultes, le matin, l’après-midi et le soir, et la collecte sera consacrée exclusivement aux missions. » Certains me regardèrent avec ahurissement ; mais j’avais entrepris mon travail avec la collaboration d’un missionnaire, et j’étais déterminé à atteindre mon but : une convention missionnaire. Ce matin là, je prêchai donc encore et toujours sur la mission, et l’après-midi et le soir de même, recueillant toutes les offrandes volontaires dans ce but, et ne faisant pas la moindre allusion aux besoins locaux. Et voici ce qui en résulta : les gens commencèrent à s’intéresser, à se réveiller, à venir en nombre croissant. Bien des conversions s’ensuivirent, et en peu de temps le temple fut rempli de nouveaux auditeurs. Ayant saisi la vision, ils commencèrent à donner, à donner comme ils ne l’avaient encore jamais fait, de sorte qu’au bout de quelques semaines, sans qu’aucune requête n’eût été faite pour les besoins de l’église, toutes les dettes purent être réglées, et jusqu’à ce jour nous n’avons plus connu les affres du mot «dette ». Nous avons fait l’expérience heureuse que si l’on met à leur vraie place les choses primordiales, Dieu se charge de tout le reste.

Le malheur de la plupart des églises, c’est qu’on y met la charrue avant les boeufs, et le pauvre pasteur qui doit conduire l’attelage n’a pas la tâche facile ! Si seulement nous voulions rétablir l’ordre normal et nous conformer au plan de Dieu, la course en serait simplifiée et nous parviendrions au but. Cherchez premièrement l’extension mondiale du royaume de Dieu, et toutes choses vous seront accordées par-dessus : c’est là le programme divin, et jamais Dieu n’a fait défaut. Si j’étais appelé dans une autre église et que je trouve celle-ci embourbée dans les dettes, j’agirais exactement de la même manière, et je compterais sur Dieu pour pourvoir aux besoins immédiats, sachant qu’en mettant les choses à leur place normale, on peut être assuré de voir Dieu agir en conséquence.

Nous étudions le livre des Actes des apôtres depuis 8 mois. Nous ne pouvons pas échapper à cette vérité que le ministère de l’église c’est la mission, et les promesses de Dieu visent à l’accomplissement de l’oeuvre missionnaire. Des églises sont implantées, elles forment et envoient des missionnaires, elles accueillent des missionnaires et prient pour eux, elles les soutiennent par leur finances, elles secourent ceux qui sont en prison, ou dans la détresse, elles font le travail missionnaire auprès comme au loin… La Bible parle à un peuple témoin du Dieu vivant donnant son Fils pour le salut des hommes pécheurs. Est-ce notre enseignement, notre préoccupation, l’objet de nos messages, ce à quoi nous préparons l’église de Jésus-Christ ?