Comment mobiliser une église pour la mission ? (1/3)

Publié le 3 mai 2012 dans Mission

Y CROIRE, EN PARLER et LE VIVRE                       SÉRIE: RÉFLEXIONS SUR LA MISSION

1. Y Croire
La nature nous enseigne que le fleuve ne coule pas plus haut que sa source. On ne peut pas donner ce que nous n’avons pas nous-mêmes. Il me semble essentiel qu’avant même de vouloir mobiliser l’église, il faudrait s’assurer de notre propre mobilisation et de celle des membres du conseil de l’église. Au tout début de ma vie chrétienne, j’ai pu lire quelques ouvrages qui ont planté dans mon cœur un intérêt pour la mission ; le livre du Dr Oswald J. Smith « La passion des âmes » en est un. Ce livre étant épuisé, je me permets d’en citer un extrait.

Ma première promesse par la foi

Cette promesse, je ne l’oublierai jamais. Je venais d’être nommé pasteur de la Christian and Missionary Alliance à Toronto, et une convention missionnaire battait son plein. Un des diacres me présenta une petite carte d’engagement ainsi conçue : « Dans la dépendance de Dieu, je m’efforcerai de donner à l’œuvre missionnaire… » Je répondis en moi-même : « Seigneur, je ne peux vraiment rien donner du tout. Je gagne juste de quoi nouer les deux bouts et pourvoir aux besoins de ma femme et de mon enfant, et tu sais que la guerre est là, que la vie est plus chère que jamais, et qu’il ne me reste pas quarante sous au bout de la semaine. Comment pourrais-je donner ? »

Jusqu’alors je n’avais encore jamais appris à donner systématiquement.   Quand   je   faisais   une   petite offrande aux missions, de temps à autre, je pensais  que cela suffisait ; mais quant à m’engager à donner régulièrement, de semaine en semaine, cela m’était complètement étranger.

Puis   je   compris   qu’en   tant   que   pasteur, m’appartenait de donner l’exemple. Il me fallait absolument faire quelque chose, et je continuai à
prier : « Seigneur, tu sais que je n’ai rien ; que dois-je faire ? » Immédiatement il me sembla entendre sa voix me dire : « je ne te demande pas de donner ce que tu possèdes ; je te demande de prendre un engagement par la foi. Pour quelle somme peux-tu te confier en moi ? » En un instant, je saisis la chose. « Oh ! Cela est bien différent, dis-je, pour quelle somme puis-je me confier en toi ?

« Je pensais que ma foi irait bien jusqu’à cinq dollars, peut-être même jusqu’à dix. Mais la voix divine se fit entendre très clairement : Non, cinquante dollars. » Cela me paraissait une somme énorme, dépassant de beaucoup mes ressources ; mais la conviction était si absolue que je décidai d’obéir, et d’une main tremblante d’émotion, je m’inscrivis sur la carte pour cinquante dollars.

Je voudrais pouvoir vous dire toute la joie que je ressentis quand mois après mois, je priai pour recevoir cette somme. Comment je l’ai reçue, je ne sais trop, mais le fait est qu’à la fin de l’année, j’ai pu envoyer à la mission la somme intégrale que je m’étais engagé à donner.

La bénédiction fut si grande que l’année suivante je résolus de doubler cette somme, et l’année d’après je la doublai encore, et ainsi, d’année en année, au cours de plus de trente années de mon ministère, j’eus la joie de contribuer pour des milliers de dollars à la mission.

Ce que je vous demande de faire, je l’ai fait moi-même ; et je sais par expérience toute la joie qu’il y a à donner. Je sais ce que représente de placer ses capitaux pour Dieu.

Il y a une dimension de foi dans l’engagement missionnaire. Et si l’on souhaite prendre une part dans la mission, nous ne pourrons laisser à ceux qui s’en vont annoncer l’Évangile au-delà des mers, le privilège de se reposer dans les mains qui tiennent l’univers. Il nous faudra pour les envoyer user de la même foi. En effet ceux qui partent et ceux qui envoient sont partenaires dans la mission, et il faut la même grande piété pour accomplir fidèlement la tâche que l’on parte ou que l’on envoie. Si les responsables ont expérimenté eux-même le secours de Dieu et la joie d’être engagé dans la mission, ils sauront trouver les mots pour en parler à l’église.