Réflexions et articles de l'EBTM

3 mai 2012

Comment mobiliser une église pour la mission?

Publié par ebtm dans Mission

Y CROIRE, EN PARLER et LE VIVRE                       SÉRIE: RÉFLEXIONS SUR LA MISSION

1. Y Croire
La nature nous enseigne que le fleuve ne coule pas plus haut que sa source. On ne peut pas donner ce que nous n’avons pas nous-mêmes. Il me semble essentiel qu’avant même de vouloir mobiliser l’église, il faudrait s’assurer de notre propre mobilisation et de celle des membres du conseil de l’église. Au tout début de ma vie chrétienne, j’ai pu lire quelques ouvrages qui ont planté dans mon cœur un intérêt pour la mission ; le livre du Dr Oswald J. Smith « La passion des âmes » en est un. Ce livre étant épuisé, je me permets d’en citer un extrait.

Ma première promesse par la foi

Cette promesse, je ne l’oublierai jamais. Je venais d’être nommé pasteur de la Christian and Missionary Alliance à Toronto, et une convention missionnaire battait son plein. Un des diacres me présenta une petite carte d’engagement ainsi conçue : « Dans la dépendance de Dieu, je m’efforcerai de donner à l’œuvre missionnaire… » Je répondis en moi-même : « Seigneur, je ne peux vraiment rien donner du tout. Je gagne juste de quoi nouer les deux bouts et pourvoir aux besoins de ma femme et de mon enfant, et tu sais que la guerre est là, que la vie est plus chère que jamais, et qu’il ne me reste pas quarante sous au bout de la semaine. Comment pourrais-je donner ? »

Jusqu’alors je n’avais encore jamais appris à donner systématiquement.   Quand   je   faisais   une   petite offrande aux missions, de temps à autre, je pensais  que cela suffisait ; mais quant à m’engager à donner régulièrement, de semaine en semaine, cela m’était complètement étranger.

Puis   je   compris   qu’en   tant   que   pasteur, m’appartenait de donner l’exemple. Il me fallait absolument faire quelque chose, et je continuai à
prier : « Seigneur, tu sais que je n’ai rien ; que dois-je faire ? » Immédiatement il me sembla entendre sa voix me dire : « je ne te demande pas de donner ce que tu possèdes ; je te demande de prendre un engagement par la foi. Pour quelle somme peux-tu te confier en moi ? » En un instant, je saisis la chose. « Oh ! Cela est bien différent, dis-je, pour quelle somme puis-je me confier en toi ?

« Je pensais que ma foi irait bien jusqu’à cinq dollars, peut-être même jusqu’à dix. Mais la voix divine se fit entendre très clairement : Non, cinquante dollars. » Cela me paraissait une somme énorme, dépassant de beaucoup mes ressources ; mais la conviction était si absolue que je décidai d’obéir, et d’une main tremblante d’émotion, je m’inscrivis sur la carte pour cinquante dollars.

Je voudrais pouvoir vous dire toute la joie que je ressentis quand mois après mois, je priai pour recevoir cette somme. Comment je l’ai reçue, je ne sais trop, mais le fait est qu’à la fin de l’année, j’ai pu envoyer à la mission la somme intégrale que je m’étais engagé à donner.

La bénédiction fut si grande que l’année suivante je résolus de doubler cette somme, et l’année d’après je la doublai encore, et ainsi, d’année en année, au cours de plus de trente années de mon ministère, j’eus la joie de contribuer pour des milliers de dollars à la mission.

Ce que je vous demande de faire, je l’ai fait moi-même ; et je sais par expérience toute la joie qu’il y a à donner. Je sais ce que représente de placer ses capitaux pour Dieu.

Il y a une dimension de foi dans l’engagement missionnaire. Et si l’on souhaite prendre une part dans la mission, nous ne pourrons laisser à ceux qui s’en vont annoncer l’Évangile au-delà des mers, le privilège de se reposer dans les mains qui tiennent l’univers. Il nous faudra pour les envoyer user de la même foi. En effet ceux qui partent et ceux qui envoient sont partenaires dans la mission, et il faut la même grande piété pour accomplir fidèlement la tâche que l’on parte ou que l’on envoie. Si les responsables ont expérimenté eux-même le secours de Dieu et la joie d’être engagé dans la mission, ils sauront trouver les mots pour en parler à l’église.

31 mars 2012

Une église doit-elle soutenir pleinement son pasteur avant de s’intéresser à la mission ?

Publié par ebtm dans Mission

série : réflexions sur la mission

 

« Nous ne pouvons pas commencer à soutenir des missionnaires parce que nous n’arrivons déjà pas à faire financièrement ce que nous voudrions pour notre pasteur.»
Voilà une réflexion qui m’a été faite et qui d’une certaine manière semble empreinte de bon sens, elle met au centre l’église locale et vise l’autonomie financière de celle-ci. Même si nous sommes convaincus de la nécessité de rechercher l’autonomie de l’église locale et le soutien du serviteur qui y travaille, je crois que cette réflexion perd de vue une réalité que nous enseignent également les Écritures, à savoir le souci des autres. Le problème de cette réflexion est qu’elle cache un égoïsme latent au fond de nos coeurs qui dit moi d’abord, mon église, mon pasteur…
Jésus nous enseigne que notre bonheur passe par le service des autres (Jn 13.17). Cette vérité s’applique de façon individuelle aussi bien que collective. L’église ne peut s’épanouir sans porter son attention sur l’oeuvre missionnaire, son bonheur ne peut être complet sans l’intérêt porté à ceux qui ne connaissent pas Christ ici et au loin. Son bonheur ne peut être vécu dans l’église locale sans le partager avec ceux qui souffrent sur le champ missionnaire et qui ont besoin de prière et d’aide matérielle. La toute jeune église d’Antioche a montré qu’elle avait saisi cette vérité en faisant parvenir selon ses moyens un secours aux frères qui habitaient la Judée et qui allaient connaître une famine (Ac 11.27-30).
Les églises de Macédoine, ont montré beaucoup de générosité non pas lorsqu’elles avaient suffisamment mais alors qu’elles connaissaient des épreuves et une pauvreté profonde (2Co 8.1-5). C’est l’oeuvre de la grâce qui a produit une telle largesse. Lorsque l’on retient pour soi on
trouve toujours de bonnes raisons de le faire. Une fois c’est pour le pasteur, une autre fois pour le bâtiment, une autre fois encore pour le piano ou les recueils de cantiques… Faut-il rappeler que le dicton « charité bien ordonnée commence par soi-même » ne figure pas dans nos Bibles ?
En fait, nous croyons que le meilleur moyen de parvenir à soutenir financièrement son pasteur passe par l’action et le soutien de l’oeuvre missionnaire. Il y a là un pas de foi à franchir sans aucun doute, cette vérité nous est donnée par la bouche de Salomon, homme sage s’il en est, en Pr 11.24-25 : « Tel, qui donne libéralement, devient plus riche ; et tel, qui épargne à l’excès, ne fait que s’appauvrir. L’âme bienfaisante sera rassasiée, et celui qui arrose sera lui-même arrosé ».

Nous avons besoin de bon sens et de foi, d’un coeur qui s’élargit aux besoins des autres, qui répond concrètement à l’ordre suprême du Seigneur « Allez et faites de toutes les nations des disciples ». Notre objectif devrait se refléter clairement dans nos choix financiers. En fait, seules les églises missionnaires se développent spirituellement. C’est le phare dont la lumière va le plus loin qui éclaire le plus son point de départ. Une église où les coeurs sont enflammés pour le salut des païens est une église où règne aussi un amour ardent pour ceux qui sont auprès d’elle. Une église qui contribue largement à l’oeuvre missionnaire est une église pour laquelle les finances locales ont cessé d’être un problème angoissant.
« Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez ». Jn 13.17

En fait, seules les églises missionnaires se développement spirituellement

24 février 2012

La solitude du missionnaire.

Publié par ebtm dans Mission

Série Réflexions sur la mission

Peut-on parler de solitude chez des                        Pendant les 6 premières années,
personnes qui côtoient beaucoup de                      pas la moindre âme sauvée.
monde

Nous avions retenu ce thème pour notre dernière pastorale de l’ABF. Ce sujet a suscité beaucoup d’intérêt chez les pasteurs ou les missionnaires, certainement parce qu’il touche un point sensible de la vie du missionnaire. Il parait d’abord surprenant de parler de solitude chez des personnes qui côtoient souvent beaucoup de monde, qui sont envahis à leur domicile, qui passent plus de temps au téléphone que sur
leurs genoux… qui ont un réseau d’amis et d’églises qui prie pour eux. Il y a a priori plus seul que le missionnaire. Et pourtant…

J’ai relevé 3 choses dans la vie de celui qu’on a appelé le père des missions modernes, le pasteur baptiste William Carey (1761-1834) qui peuvent provoquer ce sentiment de solitude : l’isolement, l’incompréhension et l’insuccès.

L’isolement. Il fallait 14 mois aux premières lettres parties d’Angleterre pour parvenir à William Carey lorsqu’il s’engage comme missionnaire en Inde. Sur place, il ne trouve pas de vis-à-vis. La barrière de la langue qu’il ne possède pas encore et l’adaptation à une nouvelle culture, à un nouveau climat, à de nouveaux dangers (il a dû combattre les tigres, les serpents, les crocodiles), de nouvelles peurs, de nouvelles tentations… l’isole de ces amis d’Angleterre, qui vivent des situations tellement différentes. La ruse des hommes qui cherchent à exploiter l’ignorance ou l’innocence du missionnaire, l’isole de ceux qu’il vient aimer et à qui il apporte l’Evangile. Il est seul.

Aujourd’hui dans une société ultra rapide dans la communication, l’absence de texto, d’email, de coup de téléphone pendant quelques jours
provoque un sentiment d’isolement terrible chez le missionnaire. De plus si la communication est devenue bien plus facile et plus rapide, elle
a aussi pris une tournure un peu plus superficielle et la relation chaleureuse et attentive n’est pas toujours au rendez-vous.

L’incompréhension. William Carey est interrogé sur son activité en Inde. Pour pourvoir à ses besoins il est devenu indigotier (producteur de la teinture d’indigo). Est-il parti pour faire fortune comme de nombreux britanniques ou pour prêcher l’évangile ? Cette question sous entendue révèle l’incompréhension des frères en Grande-Bretagne quant à la situation qu’il rencontre, lui, sur le terrain. Il prêche dans son
entreprise à plusieurs centaines d’Indiens chaque semaine. Mais pendant les 6 premières années de ministère en Inde pas la moindre âme sauvée. Les donateurs s’interrogent… Il est seul. Paul a connu cette solitude « Car je n’ai personne ici qui partage mes sentiments, pour prendre sincèrement à coeur votre situation » (Ph 2.20).

L’insuccès. Dans le succès, il se trouve toujours des personnes pour vous suivre, mais lorsque les choses vont mal, non seulement les gens ne vous suivent plus, mais ils cherchent un coupable. Le missionnaire leader est tout désigné. Les premiers mois, William Carey, son épouse Dorothy et leurs 3 enfants, la soeur de son épouse et une famille missionnaire partie avec eux rencontrent de terribles déconvenues. Les femmes se plaignent. Elles avaient rêvé d’autre chose, on leur avait promis autre chose. Dans cette situation où il doit faire face à l’opposition de l’intérieure, la tentation de tomber dans l’amertume et dans le découragement est grande. Il est seul.

A posteriori, nous trouvons le ministère de W. Carey extrêmement fructueux. En 1832, lorsqu’il déposera les armes, victime de l’âge, il aura dirigé et animé la traduction de tout ou partie de la Bible en 44 langues et dialectes différents. Entre 1815 et 1818, 420 indigènes se convertissent et sont baptisés dans les stations, il y a plus de 1000 membres adultes dans l’église. Quelle aurait été notre attitude pendant les 6 premières années de son ministère ?

Mais cette solitude a un bon revers, elle pousse le missionnaire à répandre son coeur et à chercher son appui auprès de Celui qui seul connaît ce qu’il y a au fond de nos coeurs et qui peut répondre mieux que personne à nos besoins, tout en respectant une parfaite confidentialité et en prodiguant les meilleurs conseils.

Cette solitude est même nécessaire pour nous permettre de le rencontrer, de dépendre de lui, elle le glorifie parce qu’elle révèle sa fidélité et magnifie sa force et sa puissance. C’est dans cette relation avec Christ que nous serons préservés de l’amertume et du découragement. Toute la Bible rappelle que notre Dieu est un Dieu personnel. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est avec nous selon sa promesse « Ne crains rien, car je suis avec toi » répétée à ses serviteurs. « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde », « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »

C’est cette solitude que connut notre Seigneur d’une manière bien plus complète dans l’isolement (jusqu’à l’abandon du Père), l’incompréhension (même de ses disciples), dans l’insuccès apparent et qui se manifesta aussi parfaitement dans sa recherche des lieux déserts pour y rencontrer son Père et triompher (Mc 1.35). -    Vincent Bourrel

31 janvier 2012

Combien faut-il donner pour la mission ?

Publié par ebtm dans Mission

série : réflexions sur la mission

C’est aujourd’hui ce que nous appelons traditionnellement dans notre église « La fête du Roi ». Il s’agit d’une offrande pour le Roi, et pour son oeuvre. Nous donnons souvent pour nous-mêmes, pour notre église et son fonctionnement. Cette fois, c’est pour l’oeuvre missionnaire. Cette offrande viendra grossir nos engagements mensuels pour la mission, ce qui constituera une bonne part de notre budget missionnaire annuel. Nous vivons un temps de crise économique, aussi la question en titre « combien faut-il donner pour la mission ? » traversera peut-être notre esprit.

Voici la réponse formulée par le pasteur Oswald Smith1 à son église :

1. Si je me refuse à donner quoi que ce soit aux missions cette année, cela équivaut à un vote en faveur du retrait de tous les missionnaires.

2. Si je donne moins que l’an dernier, je préconise la diminution du personnel dans le champ de mission, dans la proportion de la réduction de mon offrande.

3. Si je donne la même somme que par le passé, cela revient à opter pour le maintien du « statu quo », mais non pour une marche en avant. Je veux bien chanter « C’est un rempart », mais j’oublie que Dieu n’a jamais commandé à ses soldats de s’enfermer dans un château-fort : il leur a commandé d’aller de l’avant dans une marche conquérante.

4. Si au contraire, j’augmente mon offrande des années précédentes, je me déclare en faveur d’un mouvement d’avance et de conquête de nouveaux territoires pour Christ. Je vote en faveur d’un plus grand nombre de missionnaires. N’est-ce pas à cette dernière classe qu’il faut me joindre ? Si je crois à la nécessité impérieuse d’accroître le nombre des missionnaires prêchant l’évangile intégral, je ne manquerai pas   d’accroître également mes offrandes dans ce but.

Ce dimanche, vous voterez ! Remarquez qu’il n’y a pas d’abstentionnistes, tous les votes sont pris en compte. Même si vous ne pouvez donner de très grandes sommes, vous pouvez toujours donner un peu plus que l’an dernier et proclamer par ce geste que vous êtes partisan d’une marche en avant dans le champ de la moisson.

Nous sommes d’accord quant au fait que le monde doit être évangélisé. Nous comprenons bien que certains sont appelés à partir, d’autres à rester au pays pour prier et pour donner. Peu importe la tâche particulière qui nous est assignée dans cette grande oeuvre, pourvu que nous l’accomplissions fidèlement. Si votre part est de donner, appliquez-vous de tout votre coeur à faire cette part, même si pour cela, il vous faut faire ce que nous appelons des sacrifices mais qui en réalité nous procure une joie immense et nous préserve dans un grand mal qui sommeille dans le fond de notre coeur et que l’on appelle égoïsme.

Un jour, vous serez appelé à rendre compte de votre vie devant le Tribunal de Christ. Cette perspective ne manquera pas d’influencer nos choix de vie. Vous pouvez être un missionnaire et recevoir une récompense de missionnaire (Mt 10.41), même si vous ne partez jamais. Votre coeur peut être sur le champ de mission et « là où est votre coeur, là aussi sera votre trésor ».

Faites de la mission la grande passion de votre vie. Placez-vous devant votre Dieu, considérez le modèle que nous avons en Jésus-Christ (2Co 8.7-11) et vous pourrez répondre à cette question pour vous-mêmes. C’est le moment de voter, que le Seigneur vous bénisse.

…Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté
vous soyez enrichis.

1 Oswald Smith (1889-986) dans son ouvrage « La passion des âmes »

5 janvier 2012

Comment prier pour nos missionnaires ?

Publié par ebtm dans Mission

SÉRIE : REFLEXIONS SUR LA MISSION

Sept façons de prier selon l’Apôtre Paul

1. Priez pour les portes ouvertes

« Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. Priez en même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère de Christ, pour lequel je suis dans les chaines… » Colossiens 4.2-3. Nous ne pouvons pas tenir pour acquis qu’il y a des portes ouvertes partout. Beaucoup de missionnaires travaillent dans des pays avec un accès restreint ou dans des zones qui sont résistantes à l’Evangile, où, même si il y a des portes ouvertes, il y a des coeurs fermés. Priez pour que Dieu guide les missionnaires pour surmonter les obstacles à l’Evangile et trouver des coeurs prêts à recevoir la Parole de Dieu. Priez pour que ceux qui servent soient guidés par l’Esprit Saint et saisissent les opportunités.

2. Priez pour le courage de témoigner

« Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Evangile, pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assurance comme je dois en parler ». Ephésiens 6:19-20. Dans bien des pays, l’annonce de l’Evangile n’est pas sans risque, l’opposition et les réactions peuvent être violentes. Les différences de cultures sont parfois difficiles à appréhender, les situations parfois complexes peuvent leur faire craindre l’échec, l’opprobre, c’est pourquoi comme nous ils ont besoin d’être fortifiés par le Saint-Esprit dans l’homme intérieur.

3. Priez pour que la parole Dieu soit proclamée sans obstacles

« Au reste, frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur se répande et soit glorifiée comme elle l’est chez vous » 2Thes 3.1. Pour que la parole de Dieu circule librement, les obstacles doivent être éliminés. L’ennemi cherche à entraver le travail de Dieu, ainsi une grande bataille se livre. De la même manière qu’Aaron et Hur soutenaient les bras de Moïse dans la bataille contre les Amalécites (Exode 17.12) nous pouvons soutenir les bras fatigués des missionnaires par nos prières. Paul nous rappelle que notre combat est contre les forces spirituelles du mal qui attaquent dans n’importe quel domaine (Ephésiens 6.10-18).

4. Priez pour la protection

« … et afin que nous soyons délivrés des hommes méchants et pervers ; car tous n’ont pas la foi » 2Thes 3.2. Priez pour que Dieu les protège contre ceux qui cherchent à leur faire du mal. Priez pour que Dieu change le coeur de ceux qui s’opposent à la Parole de Dieu.

5. Priez pour l’harmonie entre les missionnaires et les croyants qui les soutiennent

« Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur, afin que je sois délivré des incrédules de Judée, et que les dons que je porte à Jérusalem soient agréés des saints » Romains 15.30-31. La coopération et le soutien sont essentiels pour le progrès de l’oeuvre missionnaire. La distance crée parfois des difficultés de compréhension entre les missionnaires sur le terrain et les églises qui les soutiennent. Priez pour une bonne communication et une relation de prévenance réciproque et d’amour fraternel.

6. Priez pour le conseil de Dieu et l’aide dans les voyages

« …en sorte que j’arrive chez vous avec joie, si c’est la volonté de Dieu, et que je jouisse au milieu de vous de quelque repos » Romains 15.32. Beaucoup de missionnaires voyagent fréquemment et le mode de transport dans certains cas est très aléatoire. Voyager implique souvent des situations stressantes. Priez pour la protection, la provision, la direction et les autorisations nécessaires pour les missionnaires lorsqu’ils voyagent. Priez pour leur famille pendant leur absence.

7. Priez pour leur renouvellement

« …en sorte que j’arrive chez vous avec joie, si c’est la volonté de Dieu, et que je jouisse au milieu de vous de quelque repos » Romains 15.32. Priez pour que les missionnaires trouvent lors de leur retour une communion fraternelle bienfaisante et du repos pour leur âme. Priez qu’ils aient de la discipline dans l’étude de la Parole de Dieu, dans la prière fidèle afin que Dieu les renouvelle. Priez qu’ils jouissent de l’encouragement et de l’édification au milieu des chrétiens (cf. Romains 1.9-12). Priez pour leur épouse et leurs enfants, pour la relation au sein du couple. L’apôtre Paul savait combien la prière de ses frères était efficace dans son propre ministère (cf. 2Co 1.10-11). Ainsi nous pouvons nous aussi devenir partenaires de l’oeuvre missionnaire dans le monde par notre intercession. Vous pouvez utiliser ces 7 manières de prier et les transformer en requêtes de prière spécifiques pour vos amis missionnaires. « Je rends grâces à mon Dieu de tout le souvenir que je garde de vous, ne cessant, dans toutes mes prières pour vous tous, de manifester ma joie au sujet de la part que vous prenez à l’Evangile, depuis le premier jour jusqu’à maintenant » Philippiens 1.3-5.

28 novembre 2011

Quelles sont les différentes étapes dans l’engagement d’une église dans l’oeuvre missionnaire?

Publié par ebtm dans Mission

SÉRIE RÉFLEXIONS SUR LA MISSION

Encourager. La première consiste à montrer et développer un intérêt : avoir un panneau d’affichage avec les nouvelles de missionnaires, de l’église persécutée, inviter des oeuvres missionnaires : SIM, Portes Ouvertes, Instituts Bibliques, Amébi…, prier régulièrement pour que Dieu envoie des ouvriers dans la moisson. Parallèlement, un enseignement systématique des actions missionnaires dans la Bible serait particulièrement approprié. Pourquoi ne pas proposer de donner la dîme de votre budget annuel à la mission ?

Soutenir. L’étape suivante serait d’inviter un missionnaire que vous savez avoir besoin de soutien spirituel et financier à présenter dans votre église son projet missionnaire qui apriori intéresse votre église. Donnez-lui du temps afin de bien comprendre son travail, la région dans laquelle il se rend et le projet en lui-même, prenez des photos, apprenez à le connaître lui et sa famille, relevez les sujets de prières immédiats, puis engagez-vous à le soutenir chaque mois pendant toute une année pour une même somme. Collez sa photo sur une carte, priez pour lui… Pensez à ce stade à développer l’esprit missionnaire de l’église en encourageant la lecture de biographies missionnaires. Faites cela l’année suivante avec un missionnaire supplémentaire et ainsi de suite… Après quelques années, invitez-les à revenir vous visiter et à présenter leur travail dans une conférence (convention) missionnaire. Augmentez le nombre des missionnaires et/ou les montants des dons chaque année. Créez dans votre église un comité missionnaire, impliquez les membres de l’église dans la lecture des lettres de nouvelles, dans la présentation d’un pays dans lequel vous avez un missionnaire, tenez-vous informé de ce qui se passe dans le pays et de ce qu’y fait votre missionnaire, créez un panneau missionnaire et tenez-le à jour. Organisez des réunions d’information et de prière régulièrement sur la mission. Pourquoi ne pas s’intéresser à son épouse (coeur de soeur), à ses enfants, envoyer des cadeaux pour leurs anniversaires, ou leur écrire régulièrement une carte postale que les frères et soeurs signent ? Contactez-le par email, courrier, tél…

Visiter. Tout en persévérant dans ce travail, l’étape suivante d’une église missionnaire est d’envoyer des membres visiter les différents champs missionnaires afin qu’ils touchent du doigt la réalité du travail, des luttes, des besoins et des fruits des serviteurs sur le terrain. Les missionnaires ont besoin d’être encourager, aider dans le travail (dans un projet de construction, d’évangélisation, de musique, un projet sanitaire ou santé, un travail parmi les enfants…). Nos églises regorgent d’hommes et de femmes compétents dans leur travail dont les talents pourraient secourir grandement l’oeuvre missionnaire pendant quelques semaines chaque année. Envoyer des groupes de missionnaires à court terme pendant l’été et encourager vos jeunes à entreprendre de tels voyages missionnaires ne manquera pas dedévelopper encore la vision et la passion pour l’oeuvre du Seigneur dans votre église. Que les pasteurs également accompagnent leurs membres dans de tels voyages, combien c’est bénéfique pour lier des frères et soeurs entre eux. Persévérez dans ces domaines afin d’acquérir une certaine expertise dans l’oeuvre missionnaire.

Envoyer. Enfin, si ça n’est pas déjà fait, il est temps à présent d’envisager qu’un missionnaire prenne son envol de votre église (si vous vous passionnez pour la mission, les membres de l’église se sentiront eux-mêmes concernés par la mission). Votre église sera probablement à présent mure pour suivre et soutenir un missionnaire d’un bout à l’autre de son projet.

Persévérer. L’étape suivante est probablement de poursuivre tout ce travail et de le développer année après année et d’envoyer un 2ème missionnaire, puis un 3ème, puis…

Vincent Bourrel

17 novembre 2011

Quelle est la bonne taille d’église ?

Publié par admin dans Le Bulletin

Faut-il même s’intéresser à la taille d’une église ? Si, en effet, Dieu a condamné certains dénombrements lorsque ceux-ci étaient faits dans un but de se glorifier ou de se comparer, il serait naïf de penser que la taille d’une église n’a aucune importance et ne joue aucun rôle dans la vie et la vision de l’église.

Chaque église locale a une personnalité, une « culture d’église » qui est le fruit d’un ensemble de choses : ses convictions, ses membres, son histoire, son héritage doctrinal, etc. Reconnaissons aussi que la taille d’une église joue beaucoup sur la culture d’église. Une petite église baptiste et une petite église de frères peut avoir beaucoup plus en commun dans la manière de fonctionner qu’une petite église et une grande église dans la même union d’églises.

Y a-t-il une taille d’église idéale ou biblique ? Il nous semble que la Bible ne nous permet pas de fixer une seule taille qui soit la bonne. La première église à Jérusalem, de toute évidence, était grande. L’église de Philadelphie, elle, a « peu de puissance. » Et de toute manière, la taille d’une église peut évoluer : une grande peut devenir plus petite suite à une persécution, un essaimage ; les petites peuvent grandir suite à la croissance, un réveil, etc. Le succès de l’oeuvre de Dieu né dépend pas ni du petit nombre ni du grand nombre (1 Sam 14.6). Probablement, nous avons chacun une préférence de taille, à cause de notre arrière-plan et nos expériences. De là, il nous arrive parfois de moraliser la chose et de penser que notre préférence soit seule la bonne. Les petites églises peuvent soupçonner les grandes de compromis, de fonctionner comme des entreprises (« si on ne peut pas faire la bise à chaque personne chaque dimanche, ce n’est pas une église biblique…»). Les grandes églises peuvent soupçonner les petites églises de stérilité (« s’il n’y a pas de conversions et de baptêmes tous les dimanches, ce n’est pas une église biblique…»).

Le plus important, c’est de reconnaître que chaque taille d’église aura des avantages et des d’écueils. Voici quelques aspects de l’église qui seront nécessairement affectés par sa taille. Prendre ses choses en considération peut s’avérer utile pour éviter d’imposer un fonctionnement d’église ou de s’attendre à une culture d’église qui ne correspond pas à sa taille.

Les activités. Plus une église est grande, plus il devient facile d’organiser des activités régulières et des rencontres hebdomadaires qui répondent aux besoins de tous. Par contre, à partir d’une certaine taille, une église ne peut plus se permettre de fonctionner de manière spontanée, au pied levé ; elle devra s’appuyer davantage sur des structures plus formelles. Certains pourraient regretter cet aspect. En effet, une organisation plus complexe introduit le danger potentiel de freiner la vie de l’Esprit, où l’on finit par s’occuper plus des programmes que des personnes.

Le culte. Dans une petite église, tout le monde peut se sentir libre de partager pendant le culte- un sujet de prière, un choix de cantique, etc-, mais dans une église de 3000 membres, cela n’est pas possible. A ce moment, l’église offrira d’autres occasions pour le faire (rencontres en semaine, cellules de quartier, etc).  Dans une petite église, un aspect informel et amateur dans le culte ne gêne pas l’authenticité du culte ; par contre, une grande église doit être plus exigeante sur la qualité et la présentation (surtout de ce qui se fait derrière le pupitre) pour préserver un culte authentique. Par exemple, lorsque quelqu’un apporte un chant spécial dans une petite église, le fait que tout le monde connaît bien la personne peut donner un grand niveau de tolérance par rapport à la qualité. Une église plus grande aura moins cette liberté, sachant qu’il y a beaucoup de gens (membres et visiteurs) qui, n’ayant pas le même rapport familial, peuvent être dérangés ou distraits. Le danger, bien sûr, pour une grande église, est de tomber dans du professionnalisme ou du spectacle. Inversement, une petite église, par son côté familier et informel, doit veiller à ce qu’elle ne prenne pas de mauvaises habitudes qui la renferment sur elle-même et qui pénalisent les nouveaux et les visiteurs.

L’accueil et la communion. En arrivant dans une petite église, on ne passe pas inaperçu. On peut être vite repéré, entouré, intégré. Même si, dans le contexte français, cela peut aussi être un obstacle où le visiteur veut parfois examiner discrètement avant de s’engager. Le défi constant pour une grande église, c’est d’intégrer rapidement les nouvelles personnes. Pour cela, elle doit constamment réfléchir et travailler pour mettre en place des stratégies permettant à chaque personne de recevoir les soins et l’attention spirituels dont elle a besoin.En ce qui concerne la communion fraternelle, il serait faux de conclure qu’elle est facile et automatique dans une petite église et impossible dans une grande église, ou vice-versa. Dans une grande église, certes, il peut être difficile de connaître tout le monde.  Par contre, dans une petite église, lorsqu’il y a un problème, tout le monde est nécessairement au courant et affecté, ce qui peut peser lourd sur la santé de l’église.

L’accès au pasteur. Dans une petite église, le pasteur fait tout : les visites, les déménagements, les cours de disciples, etc et les brebis peuvent s’attendre à l’avoir au bout du fil à tout moment.  Lorsque l’église grandit, un seul homme peut difficilement répondre à tous les besoins : ce ministère sera de plus en plus partagé par une équipe de chrétiens, les anciens, les diacres, etc. Cette transition peut représenter une étape clé dans l’église.  Alors, comment profiter pleinement de l’église où nous sommes ? Reconnaissons que Dieu bâtit son église à sa manière.  Il la fait sur mesure pour chacun de nous. Il nous entoure avec les personnes qu’il sait être nécessaires pour notre bien, pour nous faire progresser.  Nous devons être en garde contre l’illusion que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin. Enfin, ce qui aide le plus à garder la bonne dynamique dans une église– grande ou petite, nouvelle implantation ou église établie, c’est de jamais perdre de vue l’Évangile, l’évangélisation, le monde perdu.

Source : Atelier ABF, TK

2 octobre 2011

Quelle vision pour le pasteur missionnaire?

Publié par ebtm dans Mission

SÉRIE/ REFLEXIONS SUR LA MISSION

Bon nombre d’églises ont été commencées par des missionnaires recevant un soutien de l’extérieur. C’est le plan de Dieu que d’envoyer des ouvriers pour implanter de nouvelles œuvres. En France, où le travail d’implantation d’église peut prendre des années, il arrive qu’on ne fasse plus de différence entre le missionnaire et le pasteur. Une espèce de statu quo s’installe : le missionnaire devient un pasteur « gratuit » et l’église n’est jamais confrontée à sa responsabilité vis-à-vis de son ouvrier. Le missionnaire parfois s’en accommode, n’ayant pas véritablement de compte à rendre à son église, puisqu’il en rend à sa mission.

Mais cela ne nous semble pas sage, ni de la part de l’église, ni de celle du missionnaire, ni de la part de la mission. Le travail n’est pas achevé tant que l’église locale ne soutient pas totalement son pasteur. Une telle situation pourrait être une étape intéressante pour l’église si elle en profitait pour devenir propriétaire de ses locaux de sorte qu’un jour prochain elle puisse dégager suffisamment de finances pour le soutien de son pasteur, ou si elle s’engageait activement dans le soutien d’ouvriers autochtones.

Mais il me semble qu’il y a plusieurs dérives lorsqu’une telle situation perdure sans qu’elle soit accompagnée d’une véritable réflexion.

Pas d’autonomie véritable de l’église. L’église se maintien en vie « artificiellement », comme si elle était sous perfusion. Il me semble que c’est une contradiction même chez ceux qui prônent l’église locale only et qui pourtant demeurent missionnaires. En maintenant un pasteur missionnaire, une église locale ne peut pas se dire véritablement autonome, capable de s’autogérer.

Pas de dependance église/pasteur. En 1 Co 9.7 Paul enseigne comme une règle (bien que lui-même ait renoncé à en user) que le pasteur doit dépendre de son troupeau. Si effectivement le missionnaire ne fait que travailler ponctuellement dans une œuvre, il est sage qu’il ait un soutien extérieur, mais s’il est pasteur de l’œuvre, il devrait alors dépendre de l’église elle-même. Une telle étape devrait probablement se faire d’une façon progressive. L’église prendrait de plus en plus part au soutien de son pasteur, tandis que la mission se retirerait à proportion égale jusqu’au soutien total par l’église.

Pas de relève indigène possible. Le missionnaire auquel j’ai succédé a courageusement abandonné son soutien missionnaire pour dépendre de l’église locale, ce qui a permis, lorsque celui-ci a quitté l’église pour un autre ministère, que je puisse bénéficier d’un soutien en tant que pasteur autochtone. Quant a lui, il a dû rechercher un nouveau soutien qui lui a été d’autant plus rapidement accordé qu’il y avait renoncé quelques années auparavant il avait compris que l’église locale n’est capable de soutenir son pasteur que lorsqu’elle le fait.

Pas d’elan missionnaire. La vision missionnaire est d’implanter une église, installer un pasteur indigène et poursuivre une œuvre similaire ailleurs. Même si c’est l’idéal poursuivit par l’ensemble des missionnaires en France, il nous faut reconnaître que ce n’est pas la règle, mais plutôt l’exception. La plupart des missionnaires sont des pasteurs qui pèsent sur les budgets des missions. La dynamique est cassée. L’objectif a été perdu de vue. Nous soutenons des pasteurs autochtones au Vietnam. Ce soutien permet à un serviteur de faire

l’œuvre d’implantation. Quand l’implantation est achevée, le serviteur commence à dépendre de son église locale et nous fait savoir que son soutien peut être attribué à un autre serviteur. C’est ainsi que nous avons changé plusieurs fois d’ouvriers. Il est clair que l’implantation là-bas se fait bien plus rapidement qu’en France, mais pourrions-nous avoir une telle stratégie et prévoir le soutien progressif des pasteurs-missionnaires dans le budget de l’église locale afin que le soutien circule et permette à d’autres d’entrer dans le champ missionnaire.

Pour cela, les églises pourraient-elles viser de soutenir leur pasteur à hauteur minimale du smic avec charges sociales (soit en France environ 2000€ brut) ? Et pourraient-elles établir une perspective sur plusieurs années pour y arriver ? Ce plan pourrait être revu à la hausse ou à la baisse chaque année. Mais si on ne vise jamais rien, on a toujours ce qu’on a visé : rien. Les missions devraient encourager à cela de sorte qu’elles ne se substituent pas à l’église locale.

Vincent Bourrel

4 septembre 2011

L’église est-elle responsable, ou doit-elle avoir une confiance aveugle en son missionnaire?

Publié par ebtm dans Mission

Série : RÉFLEXIONS SUR LA MISSION

II semble évident qu’un partenariat missionnaire/église doit être basé sur la confiance, l’approbation du projet, le partage de la vision et sur un engagement responsable de la part de l’église vis-à-vis de son missionnaire. Ce qui implique un intérêt, une fidélité dans le soutien financier, la prière et dans les encouragements d’un côté et la communication de nouvelles régulières et complètes (non seulement de la situation du travail missionnaire proprement dit, mais encore de l’état spirituel, moral et physique du missionnaire et de sa famille) de l’autre côté.

Ce qui devrait être d’une grande simplicité dans de nombreux cas, compte tenu des facilités de communication d’aujourd’hui (photos numériques, internet, e mail, blog, skype…), peut s’avérer être complexe dans certains cas qui nécessitent une grande discrétion, comme dans les pays musulmans ou dans d’autres situations particulières.

C’est là qu’un rapport de confiance doit être fort pour qu’une église persévère dans son soutien sans avoir autant de nouvelles, de transparence et de détails qu’elle pourrait souhaiter. La confiance est de mise, mais elle n’est pas aveugle; elle est basée sur une relation profonde. C’est pourquoi, un missionnaire qui travaillerait dans un pays ou un environnement qui nécessite une grande discrétion devrait rendre compte à des personnes de confiance, averties sur le contexte dans lequel évolue le missionnaire avec des sécurités permettant des échanges d’informations protégés. Ce comité serait chargé de conseiller l’ouvrier sur le terrain et diffuser les informations utiles aux églises partenaires. C’est semble-t-il le rôle d’une organisation missionnaire.

Il faut relever également que toutes les églises n’ont pas la maturité spirituelle et les compétences nécessaires pour assumer le suivi d’un missionnaire. Dans ce cas encore, une organisation missionnaire s’avère très utile pour assumer cette responsabilité que lui délèguent les églises.

Soit les liens sont étroits entre l’église et le missionnaire et donc la confiance est entretenue et l’église est stimulée dans sa responsabilité, soit l’église fait confiance à une organisation missionnaire qui assure ce suivi, et à laquelle le missionnaire rend des comptes, soit le missionnaire est d’un calibre spirituel tel que ce sont les églises qui le suivent plutôt que le contraire. Ces derniers sont rares ; ils fondent eux-mêmes des œuvres missionnaires, ils s’appellent Hudson Taylor, William Carrey, Adoniram Judson, Charles Studd… Ils ont marqué leur époque. Le danger est de penser qu’on a cette envergure… et de n’être pas suivi.

A l’EBTM, dans le désir d’entretenir la confiance et d’assumer notre responsabilité vis-à-vis de nos missionnaires, nous demandons chaque année à chacun d’eux de remplir une évaluation missionnaire. Les ouvriers nous font part de leurs projets, de l’avancée de l’œuvre, de leurs actions pour atteindre leurs objectifs, des difficultés rencontrées, des défis à venir, de l’état de leur relation avec leurs équipiers, de l’état de leur famille et de leurs finances et de leurs sujets de prières. C’est une aide précieuse pour définir notre engagement aux côtés du missionnaire.

Nous réalisons aussi combien les lettres de nouvelles stimulent nos prières et notre engagement : un groupe de femmes appelé « cœur de sœurs » prient chaque mois spécifiquement pour les épouses et les femmes missionnaires, lors de ce que nous appelons les mardis missionnaires nous lisons les nouvelles et prions spécifiquement pour les ouvriers. La convention annuelle missionnaire est une occasion de rencontrer à nouveau les ouvriers et d’entendre leur rapport, de les encourager, d’affermir la confiance… Une nouvelle étape serait d’effectuer des visites sur le champ missionnaire pour prendre d’une manière plus exacte la mesure de l’œuvre du missionnaire.

Toutes actions ont pour objectif d’entretenir la confiance et de renouveler l’engagement responsable de l’église.

VINCENT BOURREL

 

20 juillet 2011

Quand une église devrait-elle commencer à soutenir des missionnaires?

Publié par ebtm dans Mission

Série : réflexions sur la mission

Sans hésitations je suis convaincu qu’une église devrait commencer à soutenir l’oeuvre missionnaire dès sa naissance, même pour une somme dérisoire. Je crois que l’oeuvre missionnaire est vitale pour une église. Comme l’eau est vitale pour une plante quelque soit sa taille. Jeune responsable d’église, j’organisais en 1992-93 avec d’autres frères des voyages missionnaires dans les pays de l’ex-URSS. Pour ainsi dire, la quasi totalité du budget de notre jeune église servait à financer ce projet (achat de Bibles, de cantiques, de livres pour enfants…). A cette époque, une église plus petite encore que la nôtre, avait décidé de nous accorder la dîme de leurs offrandes, soit 10% de leur budget annuel, pour nous encourager dans ce projet. Quand nous avons lancé le programme missionnaire à Toulouse, la classe des enfants a pris à coeur un jeune serviteur de Dieu. Chaque dimanche, les enfants rassemblaient leurs « pièces jaunes » dans un tronc, s’unissaient dans la prière en faveur de leur ouvrier, et chaque mois ils lui envoyaient leur « trésor ».

Le soutien missionnaire, c’est aussi l’assistance dans la prière et l’encouragement par les courriers, les visites, les appels. Il ne faut pas priver une église, aussi petite soit-elle, de cette merveilleuse possibilité de s’investir dans la vie des autres. Il est évident que la part que peut prendre une église dans l’ oeuvre missionnaire est proportionnelle à ses capacités financières et à sa maturité spirituelle. La question qui est en jeu n’est pas une affaire de volume financier mais d’éducation et d’ouverture à la mission. Dieu veut nous apprendre à détourner nos regards de nos propres besoins et à les porter sur ceux des autres. Une église– comme le coeur du croyant– peut très vite s’asphyxier en occultant les besoins des autres. La mission apporte l’oxygène dont l’église locale a besoin pour se développer. La priver de l’entreprise missionnaire, c’est l’étouffer.

Certains pensent (à tort) qu’on devrait d’abord soutenir le pasteur avant de s’engager à soutenir des missionnaires. La réalité est qu’ils n’arrivent jamais à faire ni l’un ni l’autre. Jamais une église ne se porte mieux financièrement que lorsqu’elle s’intéresse à la mission. La mer de Galilée est l’endroit où les pêches miraculeuses ont eu lieu, c’est un lac plein de vie alimenté par les eaux qui proviennent de l’ Hermon (montagne à la frontière de la Syrie, du Liban et d’Israël), mais ce lac déverse aussi ses eaux qui forment le Jourdain, fleuve qui alimente tout le pays jusqu’à la mer morte dans laquelle il se jette. La mer morte retient toute cette eau et n’en laisse rien échapper. Sa densité de sel est telle que la vie ne peut s’y développer, aucun poisson, aucune végétation, elle est morte. Si une église retient pour elle-même tout ce qu’elle reçoit, la vie ne s’y développera pas non plus ; si comme le lac de Galilée, elle se déverse chez d’autres, la vie se développera en son sein.

Dieu prend soin de ceux qui prennent soin de ses affaires. Et ses affaires concernent l’avancement de son Évangile dans ce monde qui s’opère en partie par le soutien et l’envoi d’ouvriers dans sa moisson. Il y a sans aucun doute un pas de foi à faire pour s’engager dans le soutien missionnaire, mais c’est à cette vie de foi que nous avons été appelé. Les 5 pains et 2 poissons du jeune garçon ne pouvaient suffire à nourrir une foule de 5000 hommes et pourtant tous ont été rassasiés  et il y avait encore 12 corbeilles de reste.  Il a donné ce qu’il pouvait,  Dieu a multiplié,  le jeune garçon  a  été rassasié  et 5000 autres avec lui.

L’église de Philippes fait partie de ces églises de Macédoine qui traversaient de grandes afflictions (leur région était régulièrement pillée), églises qui connaissaient une « pauvreté profonde » et qui pourtant prenaient part avec une grande joie à l’assistance des frères de Jérusalem assaillis par la famine, 2Co 8.1- 5. Cette église de Philippes avait été également la seule à envoyer à Paul de quoi subvenir à ses besoins au début de ses voyages missionnaires, Ph 4.15-16. Ils considéraient cette possibilité de participer à la communion avec leurs frères comme une grâce, comme un privilège. Combien de temps doit-on priver une église d’un tel privilège ? Pas un instant. Soutenez l’oeuvre missionnaire maintenant !

VINCENT BOURREL

LE MOIS PROCHAIN: L’ÉGLISE EST-ELLE RESPONSABLE, OU DOIT-ELLE AVOIR UNE CONFIANCE AVEUGLE  EN SON MISSIONNAIRE?

 

 

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